Drôles de vœux pour 2026...ou pas
- jeckovoyage
- 1 janv.
- 3 min de lecture

Amis voyageurs, nous vous souhaitons de belles routes, de beaux paysages mais aussi de magnifiques rencontres. Au delà de la beauté du monde, pour nous un voyage réussi est ponctué de rencontres. Ce sont ces instants suspendus, ces sourires, ces tranches de vie et quelque fois des larmes qui nourrissent notre humanité, notre bienveillance et notre tolérance. Ce sont ces frottements culturels, qui ouvrent les esprits et combattent l’obscurantisme et la méfiance de l'autre, que certains irresponsables, à grand coup de menton, se chargent de transformer en haine.
Alors, il est clair que si voyager en fourgon permet une grande liberté et une grande autonomie, c'est aussi un mode de voyage qui isole. C'est à nous de faire un pas vers l'autre dans nos trajectoires pour cultiver ce qu'il y a de plus beau et de plus essentiel en chacun de nous : l'humanité et la conscience de faire partie d'un tout. Ce n'est pas toujours facile, il faut laisser de côté ses préjugés mais surtout ses peurs et considérer que l'immense majorité des personnes que nous rencontrons sur nos chemins ne nous veut en fait que du bien. La méfiance, attisée par des médias en recherche permanente de buzz, ne fait qu'amplifier les fragmentations culturelles dont profitent quelques dominants assoiffés d'accumulations vulgaires et dont l'objectif est de sauver un système qui crée paradoxalement autant de richesses que de pauvres. Un système non régulé qui hypothèque chaque jour les chances de survie de nos enfants sur la planète.
Peut-être qu'après avoir soutenu le regard d'une femme qui, après une traversée du désert avec son enfant, erre dans les oliveraies d'El Amra, votre position ne sera plus la même sur les migrants. Idem après avoir trainé à Gabes là ou l'industrie du phosphate tue, à Jemna ou une population se bat pour récupérer l'oasis de leurs ancêtres, ou encore au pied du barrage de Kárahnjúkar là où furent englouties 57 km2 de terre vierge pour fournir de l’électricité verte à une multinationale pour qu 'elle puisse fabriquer de l'aluminium. Nous pourrions aussi vous parler de la condition du peuple Samis en Europe du nord et de l'extraction minière...

Voyager c'est aussi accepter de se confronter à la beauté du monde mais aussi à ses désordres. Alors, nous ne changerons pas le monde ça semble clair, mais nous pouvons changer le regard que nous posons sur l'autre, celui qui est différent, celui qui est montré du doigt parce qu'il a choisi de vivre pas comme nous ou qu'il n'a pas la même couleur de peau. Ce n'est assurément pas la révolution humaniste que je souhaiterai, mais la confrontation à cette réalité humaine permet quelquefois de rendre ce monde plus doux et plus supportable.
Aussi, je nous souhaite à tous pour 2026 de voyager avec le regard d'un enfant, non encore abimé ni par des déterminismes culturels, ni par toutes la merde que certains tentent de faire entrer dans nos cerveaux. Alors, comme me le signifiait un grand voyageur avec un grand sourire de sage, nous constaterons que si le monde va mal, l'humanité contenue dans chaque être que nous rencontrons se porte plutôt bien...
En attendant un sursaut collectif salutaire, ce sont ces valeurs que nous essayons de mettre en avant dans nos carnets de voyage et dans nos conférences. Merci à vous tous, croisés sur nos trajectoires. Merci pour vos sourires. Merci pour les partages de vos cultures et de vos traditions. Merci pour votre humanité et pour toutes les couleurs que vous avez mis sur nos routes.
Belle année à tous.


Commentaires